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BIENVENUE !

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mercredi 16 octobre 2013

Récit d'accouchement à 4 mains !


Les indiens disent que toutes les grandes aventures ont commencé par un premier pas. Notre fille a décidé que le nôtre commencerais à 5H30 du matin.
« Chéri, je crois que j’ai perdu les eaux.
- Moi, je crois que si tu n’as pas perdu les eaux alors on a un gros souci avec la plomberie du voisin du dessus… »
Je souhaitais une seule chose : pas tôt le matin.
Mais l’homme propose la femme dispose. Même lorsque la femme en question n’est pas encore née.

J’étais censée accoucher il y a déjà 10 jours, voire plus. J’ai tout tenté : homéopathie, acupuncture, sexe, piment, marche, ménages, ananas, SPA, bain, massage des tétons, pensée positive, voiture, escaliers. Bref, j’attendais que ça, la nuit, le jour, peu importe mais qu’elle sorte (bordel). La veille, on avait fixé le RDV pour le déclenchement le 17 aout. On est le 16 et soit je me pisse dessus soit c’est THE moment. Comme je ne suis pas sure (et que peut etre que je flippe un peu), j’attends quelques heures. A 5h30 du mat’, je réveille mon mari « Chéri, je crois que j’ai perdu les eaux, pour de bon ! »



Donc direction la maternité.
Ce que les indiens ne disent pas, c’est que le chemin qui mène à la grande aventure est plus compliqué avec une femme enceinte, une valise dont le contenu te permettrais de survivre 3 ans à une attaque Zombie et un sac à dos, lourd. Très lourd.

On est à 20 minutes à pieds de la maternité, l’homme porte les valises, je porte mon ventre et on y va. On se filme, on se jauge « tu as peur ? » « tu as hâte ? » Ni l’un, ni l’autre. Je suis portée par un sentiment indescriptible. Je vais à la rencontre de notre bonheur. Il est 6h30.

En route vers la maternité !

Salle des urgences. Nous attendons.
Elle est appelée. J’attends.
Quand elle ressort c’est en chaise roulante. Cette fois c’est la bonne !
Je n’ai jamais été aussi content de voir quelqu’un en chaise roulante. C’est effrayant.
Je suis le Professeur Xavier et l’on arrive dans la chambre. Nous attendons.
L’infirmière arrive, je dois sortir de la chambre. J’attends.
La sage-femme arrive, je dois sortir. J’attends.
Et là, tout commence.


Je ne me souviens plus trop, je sais qu’un sage-femme (sage-homme ?) contrôle que c’est bien le bon moment. Il me fait mal. Je l’insulte, en français. Il ne comprend rien. Je lui souris. Ça passe. On me demande d’enfiler une blouse verte plutôt stylée et une infirmière me pose le cathéter. Elle mettra 30 bonnes minutes. Elle transpire et s’excuse mille fois. Heureusement que je ne crains pas les piqures. On m’installe sur un fauteuil roulant et nous montons dans une chambre. Je n’y reste qu’une heure. Direction la salle d’accouchement. Perf d’antibio, perf d’ocytocine car pas de contractions, et c’est parti. Il est 11h.


D’abord la joie, puis ensuite le début de la douleur.
La miss commence à s’exciter la dedans.
La sage-femme revient avec l’apprentie sage-femme, qui, vu son âge a dû être l’actrice principale de cette scène il y a à peine 20 ans.
Bien sûr, je dois sortir. J’attends.
Au départ, quand on attend on est pas seul. Il y en a d’autre comme moi. Des « attendeurs ».
Hommes et femmes.
Un cubain, un gitan, un espagnol. Le début d'une blague.
Ce que nous avons en commun à part attendre, c’est cet accoutrement qu’on nous oblige à porter. Je pourrais ressembler à un des docteurs de Grey’s Anatomy, mais je ne sais pas par quel coup du sort, je ressemble beaucoup plus au responsable du rayon frais des supermarchés Casino.
Ce léger tablier, ces recouvre chaussures, d’une épaisseur d’un micron, et bien sûr trop petit, qui ne se ferme pas et qui empêche soit disant  bactérie et virus de se propager…
Par contre rentrer avec de la bouffe du Mc Do ou avoir les cheveux gominé type casque allemand de la 2nde guerre mondiale comme mon compatriote cubain ne pose pas de problème.
C’est ou les bactéries, ou moi que l’on prend pour un con.
J’attends, mais cette fois ci avec un air de con.
J’en profite pour appeler et envoyer des messages à la famille pour les informer de la situation.
Quand je reviens, commence un mélange de gémissements et de chant prénatal.
Pour ceux qui se rappel du son de Gizmo dans les Gremlins… voilà.
A partir de ce moment-là n’en finit plus un va et vient de rentrer et sortir, rentrer et sortir.
Ce qui a commencé comme cela, finis comme cela.


Pose du monitoring interne. Je douille comme jamais. Je ré-insulte en français. Elle comprend. Elle sourit. Contractions toutes les deux minutes. Je n’ai pas suivi de cours de préparation à l’accouchement. J’ai lu des bouquins, regardé des vidéos. J’ai choisi le chant prénatal. Je chante donc. Je gémis plutôt et surtout je respire. Je suis dans une bulle. Je ne parle pas. Je ne réponds pas. Je n’écoute pas. Je laisse faire ce corps. Ce n’est pas de la douleur. C’est animal, c’est instinctif, c’est incontrôlable. Il faut lâcher prise. Il faut s’oublier. Il faut se faire confiance. On m’annonce que la péridurale va m’être posé d’ici 30mn. Ok. Il est 14h.


Et puis arrive l’œuvre de dieu. Touché par la grâce et la main divine la douleur disparaît.
Ah non, merde. C’est la péridurale.
L’exorcisme de guizmo à lieu et peu à peu  il quitte le corps de ma femme.

Je fais le dos rond, je ne bouge pas, j’attends. Je vois l’anesthésiste retirer ses gants. Et merde, il n’y arrive pas. « Qu’est-ce qui se passe ?  IL y a un problème ? » je lui demande. Non, c’est fait. Je savais que je ne craignais pas les piqures mais pas à ce point ! Je n’ai rien senti, mais vraiment rien. Elle est peu dosé, je sens encore beaucoup les contractions mais ça me va. Soudain, une grosse contraction. Elle ne s’arrête pas. J’ai mal. Ça dure 1 heure. Guizmo revient.  La sage-femme me rappelle que je ne suis pas en virée shopping mais que je donne la vie. « Je ne lui ai rien demandé, qu’elle ferme sa gueule et vite sinon je lui crache au visage et je me casse » : voilà à peu près ce que j’ai pensé à ce moment-là. Il est 16h30.


Sur l’une des sorties de salle je me rends compte que la femme du cubain est amené d’urgence en salle d’opération. Très très peu de temps après, il apprend que la césarienne s’est bien passée et que c’est une fille.
Je ne pensais pas qu’une césarienne durait aussi peu de temps.
Même avec un katana je n’aurais pas été aussi rapide.
La sage-femme vient me voir. Elle me dit que tout va bien et que d’ici peu ce sera le grand moment.
Je reviens dans la chambre et l’on va nous expliquer comment effectuer les poussé avec le moniteur.

En vrai, cette petite phrase m’a beaucoup aidé. Je réalise que j’ai envie de pousser. « Ben, pousse ! » Et nous voilà, mon homme, le monito et moi, seuls tous les 3 à pousser. C’était intime, c’était notre moment. Il m’a donné toute sa force, tout son courage, tout son amour. C’est grâce à lui que je garde de mon accouchement un souvenir si intense et si précieux. Il est 18h30.


C’est alors que la sage-femme arrive et comme si de rien n’était me dit :
« Viens voir, on voit les cheveux. »
Je regarde et la BORDEL DE MERDE, je ne vois pas les cheveux, je peux voir CHAQUE cheveu !
Je pourrais toucher son crâne sans soucis. Moi je considère cela comme dehors !
Oui elle est bien là.
Les poussées sont faciles, surtout pour le papa.
Il m’a suffi d’hurler « Pousse !» à ma femme à chaque fois que le moniteur arrive à 35, 40 je crois.
Alors ON pousse.
Parce que moi, depuis que j’ai vu sa touffasse noire je suis ultra motivé à pousser.
C’est ma première vrai rencontre avec ma fille.
Plus de parois, plus d’image d’écho qui ressemble plus à un sonar d’un sous-marin russe de la guerre du pacifique.
Et on n’arrête pas de pousser. On pousse même très bien d’après ce que nous disent la sage-femme et la sage-adolescente.

La sage-femme me dit que c’est imminent, je suis à dilatation complète. Je sais qu’elle est brune. Je sais qu’elle est bien là. Je veux la voir et l’avoir. Allez les gars, écartez-vous, moi j’accouche ! Il est 18h40.


Je ressors à nouveau de la salle et me prépare pour 20 min d’attente comme à chaque fois.
Et là au bout de 5 min on m’appelle plutôt urgemment.
Quand j’arrive dans la salle il y a beaucoup de monde, et ça pousse dur.
La tête est à moitié sortie.
Et à ce moment-là, on a beau savoir comment ça marche, avoir vu des tonnes de vidéos sur le sujet…
Il n’y a rien de tel comme vision que de voir une moitié de soi sortir de sa moitié…
Hallucinant.
La petite résiste et d’un coup, comme une botte qu’on galère à enlever, elle sort, limite éjectée.
Grande, magnifique, les yeux grands ouverts.
Pas un cri.
Pas un cri mais le visage tellement serein que je sais que tout va bien.
Ma femme panique, parce que la petite n’a pas émis le moindre son.
Je lui dis : « t'en fait pas tout va bien, elle est parfaite ! »
Et là, il m’est impossible de la lâcher du regard.
Quelle merveille.

J’entends « Attrape ta fille ! » et je le fais. Je vois à peine son visage , je la pose sur moi pour 5mn de peau à peau. Elle ne pleure pas, je pleure pour elle. Le regard qu’on échange lui et moi est juste incroyable. Ce que l’on vit EST incroyable. On me la prend, pour quelques soins. Je l’observe à travers les yeux de son père. Elle me manque. Tout se bouscule. Il y a quelque chose qui se passe dans mon corps, dans mon cœur, dans ma tête. C’est un bouleversement, c’est le monde que je regarde. Mon monde. Je n’ai plus de doutes, plus de questions. Je la veux contre moi, je veux me perdre dans son visage, je veux la sentir, j’ai besoin de la sentir. Il est 18h50 et notre fille fait de nous des parents.

Elle pèse 3kg950 et mesure 52cm.

Je prends une tonne de photos. La sage-femme m’engueule : « Prend pas autant de photo, regarde-la plutôt ! »
Connasse, si je prends des photos,  c’est justement parce que je ne peux pas la regarder avec les yeux plein de larmes, ça lui tombe sur la gueule !
Elle est splendide. Et pas parce que c’est ma fille. Mais parce qu’il faut être honnête !
Je lui donne mon doigt et elle le saisit.
C’est ce qu’on appelle toucher du bout du doigt son rêve. Je viens de comprendre l’expression.
On nous laisse seuls avec elle. Première tétée.
Comme ma femme, c’est une championne. Elle pète la dalle. Et à partir de ce moment-là tout s’enchaine.

Enfin, je l’ai contre moi. On me dit « nourris la ». Elle vient chercher le sein, je la fixe. 1ere gorgée  de lait, elle lève ses sourcils de satisfaction et plonge ses yeux dans les miens. Je suis maman. Ma vie pour la sienne. Il est 19h15.

Dans la salle d'accouchement


La galère pour expliquer son prénom et surtout la paperasse pour le nom de famille.
La première fois qu’on nous sépare d’elle.
La première nuit où l’on apprend rapidement que quand elle pleure c’est d’abord parce qu’elle a faim. Sinon c’est parce qu’elle a fait caca. Sinon c’est parce qu’elle a des gaz. Sinon c’est parce qu’elle préfère être emmailloter.
Et sinon c’est parce que le temps de vérifier tout ça, elle a de nouveau faim, elle a de nouveau fait caca etc…
La meilleure pire nuit de ma vie.
Inoubliable.

Elle est restée collée contre moi pendant des heures. Mon papa et ma maman découvrent leur petite fille. Mes grands-parents, leur arrière-petite-fille. Je les regarde la contempler. Je les regarde l’aimer. Elle est douce, calme et sereine. La chambre 1301 de la maternité de La Paz de Madrid se souviendra de tout cet amour. Il est 22h quand ils nous laissent tous les 3. Je retombe amoureuse de mon mari, j’aime ma fille un peu plus chaque seconde. Il n’y a rien de plus important qu’eux, quoi que les gens disent, c’est faux. Tout le reste est secondaire.

La vue de notre chambre à la maternité ! Ça en jette, hein?!


2 mois et 2kg400 plus tard, que dire...
Elle est incroyable.
Quand elle pleure, sourit, tète, ou quoique ce soit, il n’y a pas de mot.
On a vraiment de la chance, et elle a vraiment de la chance d’avoir une maman comme ça.
Finalement c’est quand même moi, le papa, qui ai le plus de chance !
Spectateur, puis spectateur actif, puis acteur.
Sans souffrance physique, je me retrouve avec deux merveilles !
Qu’on se le dise messieurs, on a quand même le bon rôle !

2 mois et 2kg400 plus tard, que dire...
Elle est incroyable.
Quand elle pleure, sourit, tète, ou quoique ce soit, il n’y a pas de mot.
On a vraiment de la chance, et elle a vraiment de la chance d’avoir un papa comme ça.
Finalement c’est quand même moi, la maman, qui ai le plus de chance !
Spectatrice, puis spectatrice active, puis actrice.
Avec (un peu de) souffrance physique, je me retrouve avec deux merveilles !
Qu’on se le dise mesdames, c’est nous qui avons le meilleur rôle !

2 mois, jour pour jour !

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mardi 15 octobre 2013

A quoi ressemblent mes lundis? (et mes mardis, mes mercredis, ect...)


L’ordi est allumé depuis déjà 35 minutes, nous sommes debout depuis 9h et (quasi) réveillée depuis 4h50. Que s’est-il passé depuis tout ce temps ? Louloute a mangé, je l’ai lavé et habillé, j’ai chanté, j’ai négocié. Elle a vomi, je l’ai changé, elle a vomi, je l’ai essuyé. Elle s’est endormie une minute, j’ai espéré, elle a perdu sa tétine, elle a pleuré. On a marché du salon à la cuisine, et de la cuisine à la chambre. Il est 10h28, le papa n’est plus là, je ne suis pas ni lavée, ni habillée.  Et j’ai faim. C’est une bonne journée qui s’annonce.

10h50 : 1er essai sieste. J’ai toujours faim, mais entre manger ou dormir, mon choix est fait ! On s’allonge, elle dort. Je retire mon pull, elle dort. Je me couvre, elle se réveille. Ok.

11h : Elle n’a plus sommeil, elle a la pèche ! Direction le tapis d’éveil et vas-y que j’te souris et que je gazouille ! Bref, elle s’éclate. Moi aussi !

11h20 : Son grand sourire se transforme en grimace, et la voilà qui pleure. Bon, maintenant je sais, ça veut dire que ça la fatigue et qu’il faut faire autre chose. Tiens, et si on graillait ?!

11h25 : Ah non. Finalement, j’aimerais bien que tu marches.

11h30 : Remontre un peu ton sein voir.

12h : Elle s’est endormit en tétant, j’ai toujours la dalle mais j’ai encore plus envie besoin de dormir. Direction le canap’, on s'allonge tel quel, je retiens mon souffle, ferme mes yeux et...

13h55 : ...le téléphone sonne. C'est le papa qui veut des news. "Ça va". Merde elle se réveille. Il a froid. Je m'en fous. Il a sommeil. Je m'en fous. Et voilà elle pleure. 

14h33 : c'est vrai qu'il fait froid. Je branche le chauffage et glisse bébé(e) dans sa gigoteuse. Je fonds devant ce petit "sac" d'amour. Elle, elle fond...en larmes. Pourquoi? Tu as trop chaud? Je lui enlève. Elle pleure encore plus. Tu as faim? Non. Ce qu'elle veut, c'est mes bras. Ce qu'elle veut, c'est voir du pays. Je marche, donc. Jusqu'au frigo. Je choppe un paquet de parmesan râpé que je mange à même le sachet à la petite cuillère. Je m’approche en fourbe du transat et pendant qu’elle regarde ailleurs, je le tente. « Même pas en rêve, maman ! » Ok. Je suis pro-portage non ? Alors hop dans l’écharpe. J’ai presque plus faim et je suis presque en forme. Non, je déconne.

15h33 : 1 heure plus tard, rien n’a changé. Elle commence à sombrer. Moi aussi, mais pas dans le sommeil, dans une grave déprime !

15h45 : Elle ronfle. Je l’allonge, elle ouvre direct les yeux, elle pleure.

16h : Voir commentaire 15h45.

16h30 : Voir commentaire 16h.

17h : L’avantage c’est qu’au moins, je brule des calories.

17h10 : Dans sa grande bonté, elle me laisse m’assoir. Mais pas me pencher. Donc pas d’ordi. Ah et le téléphone elle aime moyen. Non. Madame veut que je lui parle. Je lui dis que Lou ça rime pas mal avec re-lou. Elle sourit la bougresse. Refais voir ton décolleté là.

17h40 : Bon il faut que je m’alimente moi aussi, je vois les étoiles. Je passe commande par téléphone.

18h15 : Ca sent bon, c’est chaud, c’est prêt, c’est à portée de fourchette…mais elle a re-faim.

19h50 : Elle a mangé, moi aussi. Elle a dormi, pas moi. Elle est calme, fraiche et dispo. C’est l’heure du bain. « Les petits poissoooons dans l’eauuuuu, naaaaage aussiiii bien que les groooos… » Ma petite sirène et moi, on profite de ce moment d’accalmie et de partage. Massage, crémage, câlinage, elle est relax. Et là dans un monde parfait, je m’imagine bien la poser à côté de moi sur sa peau d’agneau, la laissant s’endormir doucement, pouvant ainsi écrire ce billet tranquillement. Mais mon monde n’est pas parfait.

20h30 : Je ressors l’écharpe, que je n’avais pas vraiment rangée. Elle a ses yeux grands ouverts. Je lui parle, je lui raconte des histoires, je lui dis que je suis vraiment épuisée, que j’aimerais m’assoir, même juste 20mn. Elle me regarde, l’air désolé.

21h : Si je m’arrête de marcher, elle pleure. Si je m’arrête de parler, elle pleure. Si je m’assieds, elle pleure. Si je la pose, seule, elle hurle.  Elle frotte sa tête contre ma poitrine et fais tomber sa sucette 10, 15 fois. J’ai mal au dos, au ventre, à la tête. Je tente une tétée-câlin, ça ne fonctionne pas. Ce qu’elle veut, c’est moi et moi entièrement. Que je sois tout à elle, à la regarder, à l’embrasser, à la caresser, à lui parler. Je le comprends, mais j’ai de plus en plus de mal à gérer. Il est hors de question que je la laisse pleurer, je ne le tolère pas, pas si jeune, pas quand il s’agit de ce besoin fondamental d’être rassuré et aimé. Je supporte, je respire, je ferme les yeux. C’est ma fille, mon bébé, mon monde.

22h : Je la supplie, limite en larmes, de me laisser me reposer, de me laisser m’asseoir. Je lui explique que je l’aime, que je sais comme ça doit être difficile pour elle de comprendre ses émotions, de les gérer, de grandir, d’être seule, hors de moi. Elle me fixe, boit mes paroles.  J’appelle le papa, qui finit tard les lundis et mercredis. « Il faut que tu rentres, je craque ». Et je pleure, en la serrant contre ma poitrine. Elle finit par s’endormir.

23h13 : Je viens de la poser, elle ne dort plus, mais elle ne pleure plus non plus. Elle sourit. Si elle savait, elle rirait ! Elle ouvre grand la bouche, sa petite langue dehors. Elle ne me lâche pas du regard. J’ai comme l’impression qu’elle m’a écouté, qu’elle m’a entendu. C’est difficile de ne pas culpabiliser, difficile ne pas s’en vouloir. Il faut admettre que nous ne sommes pas des super héros. Que nous avons des limites. Limites qui viennent parfois heurter de plein fouet nos idéaux, nos convictions, nos désirs. Certains me diront « mais laisse la pleurer » : non. « Fais la garder » : non. « Alors te plains pas »  

Toutes nos journées ne ressemblent pas à celle-là, elles ne sont pas si dures. Certaines seront pires. Je resterais là pour elle, à l’écouter, à composer selon ses besoins, le temps qu’il faudra. Et quand elle sera ado, je lui ferais payer ! 



mercredi 9 octobre 2013

Top 5 #2

5 moments galères : 

 

- le portable qui tombe dans la poubelle à couches, la seule et unique fois où la dernière couche n'a pas été hermétiquement bien fermée.

- l’éternuement gerbouzé; en facetime. Des détails?

- le gros pipi, quand tu l'as nue contre toi, juste avant le bain. Et que toi, ben t'es pas nue quoi. Et que t'es seule. Et qu'il va falloir lui donner le bain, la sécher, l'habiller avant d'espérer pouvoir te laver changer.

- elle s'est (enfin) endormie, tu attends sagement 10, 15 voire 20 minute avant d'oser la poser et la, tu sais pas pourquoi vu que tu fumes plus depuis un an, te mets à tousser fort et bruyamment. Et plus tu essaies de te retenir, plus tu étouffes, plus tu tousses. Il est 21h40, tu n'es pas ni alimenter, ni laver, ni détendue. Mais tu l'aime !

- la couche qui déborde, au milieu de la nuit, et que tu vas changer. Quand tu réussis à refermer cette *$@#&^¤ (putain) de grenouillère de *$@#&^¤ (merde), elle s'arrête enfin de hurler pour mieux te vomir une quantité incroyable de fromage Féta  fantastiquement bien réparti entre tes cheveux et sa *$@#&^¤ (putain)de grenouillère de *$@#&^¤ (merde). Il est 5h du mat', l'Homme ronfle tranquilou. Tu le hais et tu hésites entre le réveiller de la manière la plus sadique qu'il soit (un million d'idée de traverse l'esprit), te mettre à hurler aussi fort que ta fille (qui, maintenant qu'elle a le ventre vide, a la dalle) ou te jurer qu'elle sera fille unique. Ou les trois. Mais tu l'aimes hein?!

Au moins, ça la fait marrer.

mardi 8 octobre 2013

I am une maman ! raconte

 I am une maman ! blablate, bavarde, te raconte et se la raconte !

Le maternage, tu connais? C'est le nom donné aux pratiques dont sont adeptes certains parents, comme l'allaitement, le cododo, le portage, l'éducation non violente, ou encore la diversification menée par l'enfant (DME). 

Il y a peu, j'ai lancé le débat sur le célèbre forum Au Féminin, histoire de connaitre l'opinion de la ménagère de moins de 50 ans. Les avis sont mitigés, nuancés ou très arrêtés, favorable ou totalement contre . En voici un extrait, cuisiné à ma sauce, à manger au second degrés car parfois exagérés! Certaines parlent de mode, d'autres y voient le désir de sentir différente et donc mise en valeur. Elles montrent du doigt le besoin d'être une mère parfaite ou la peur de voir grandir son bébé trop vite, bébé que l'on va donc materner le plus possible, dans l'espoir qu'il tète encore à 20 piges. Elles mettent en garde notre condition féminine, en pensant que faire toutes ces choses aliènent la femme, la réduisant à son unique rôle de mère, la poussant à agir à l’extrême en ne se consacrant qu'à son enfant puisqu'elle s'ennuie, laissant donc de côté le malheureux papa, qui lui ne trouve pas, dans cette relation fusionnelle et malsaine, son rôle de père. (Attends, je reprend ma souffle) Il y en a qui pense qu'il faut vivre dans une yourte, bouffer des légumes bio, se faire des couvertures en poils d'aisselles et recycler les peaux de mandarines pour adhérer à ce genre de pratique ! En plus dormir avec son enfant c'est dangereux,  le porter c'est retarder son autonomie et l'allaiter c'est chiant. Et y a celles qui ne mettent que des smileys moqueurs, et ça, ça veut tout dire !

Il y a aussi celles qui se sentent tout simplement mère, qui n'aiment pas donner un autre nom que celui de "maman" à la manière dont elles s'occupent de leurs enfants et qui composent en fonction du caractère de chacun et de la vie en général. Celles qui approuvent à fond et qui donnent pleins de bonnes raison de materner. 

Et puis il y a moi, parce qu'il faut bien que je donne mon avis. Moi qui porte, moi qui allaite, moi qui cododote, moi qui m'imagine en mère communicante et attentive. Et moi qui ne savait rien de ce retour aux sources qu'est finalement le maternage. Retour à ce que nous avons pourtant toujours fait, sans se dire que c'était trop cool, parce que de toute façon nous n'avions pas bien le choix !

Moi j'ai d'abord été enceinte, et tu le sais déjà, je n'ai pas trouvé ça chouette, du tout. J'ai eu peur pendant 9 mois, de tout. Pour elle, pour moi, pour mon couple. Je passais mes journées à me regarder le nombril grossir (et devenir un troisième téton), me posant 1000 et 1 questions sur la manière dont j'allais m'en sortir. Quelle mère serais-je? C'est quoi d'ailleurs "être mère"? Faut faire quoi? Faut aimer comment? Comment on s'occupe d'un bébé? Des tas de questions chiantes. Et tu sais quoi, je n'ai toujours pas les réponses! 
J'ai acheté poussette, biberon, tétines, berceau, lit, transat, la totale Chantal (oui madame, j'ai osé...poils au nez). Et je ne regrette pas du tout d'avoir toutes ces choses...dont je ne me sers pas! 

J'ai tout de suite fait en fonction de ma fille, des ses besoins, de ses attentes et de ce que je pouvais (ou non) lui offrir. Et en grande fainéante que je suis, j'ai aussi recherché la simplicité. Je trouve que c'est plus simple d'allaiter, plus simple de dormir ensemble, plus simple de la porter que de me trimballer une poussette énorme impliable, inouvrable, de 200 kg dans le métro de Madrid. Il y a autre chose que je ne dit pas mais qui me semble évident : j'aime ça. ON aime ça ! Et ON va bien, merci ! On réinvente notre couple, accordant à notre la place qu'elle doit avoir dans notre vie, ni plus, ni moins. Je trouve ça beau de voir ma fille dormir en grenouille,  un bras sur le torse de son père, la bouche ouverte, comme lui. Je trouve ça doux de la sentir respirer tout contre moi. Je trouve ça sexy de voir mon mari porter Louloute dans ses bras ou dans l'écharpe. Je trouve ça rassurant de la savoir contre moi pendant que je m'active ou me promène.

Le maternage prend des dizaines de formes, et il s'agit avant tout d'amour. Il est dit que le maternage est l'art d'être mère. Elle n'est pas moins mère celle qui donne le biberon plutôt que le sein. Elle n'est pas moins mère celle pousse que celle qui porte. Elle n'est pas moins mère celle qui craque face à un enfant qui cherche ses limites. Le reste, pour moi, n'est qu'une question d'idéologie, de conviction et de désir. J'aimerais être une mère douce et calme, qui explique en parlant plutôt qu'en criant, c'est mon idéal. J'ai la conviction que mon lait est meilleur pour mon enfant que le lait de vache. Je suis convaincue que le portage, "l'attachement sécure" est bénéfique et contribue, paradoxalement, à l'autonomie de l'enfant. J'aime aimer ma fille et j'aime l'aimer de cette manière. 


Pour aller plus loin :

Michel Odent - Le bébé est un mammifère
John Bowlbi - Attachement et perte
Baby-Led Weaning : The essential guide to introducing solid foods
www.diversificationalimentaire.com

Pour en discuter et échanger avec des internautes super sympa et toujours à l'écoute, le groupe Facebook de Stéphanie Morganlolajordan : Maternage Proximal





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samedi 5 octobre 2013

Ce qui a changé...depuis qu'elle est née !



- Je me tâte les seins pour savoir lequel lui donner en premier.
- Je suis même capable de le faire en public.
- Et maintenant, j'ai des seins.
- J'espère de tout cœur qu'un être humain va bien faire caca et ça, c'est che-lou quand même.
- Je suis en extase dès qu'elle bouge un sourcil. Attend, mais elle les bouge vachement bien, ses sourcils.
- Je ne sors plus jamais  « vite fait » acheter du pain. Je vais bien acheter du pain, mais ce n’est plus "vite fait"
- Je reçois 1000 "conseils", recommandations et avertissements de tout le monde et sur tout ce que je fais (ou ne fais pas). Même que des fois ça gave, grave.
- Ma mère me répète que l'éducation c'est moi, mais elle enfourne quand même, discretos, une sucette dans la bouche de ma descendance. Bouche qui va prendre, ensuite, mes tétons pour du plastic. Ou pas. Bon c'est légitime comme peur non?!
- Je chante, je tire la langue,  j'me cache derrière mes mains, je fais toutes sortes de petits bruits et tout ça dans l'espoir d'obtenir un sourire. Sourire qui fera ma journée.
- L'alcool
- La clope 
- La taille de mon jean
- Mes gouts : y a rien de plus beau qu'elle. Sérieusement, c'est vrai.
- Mes priorités : avant c'était moi, mon mec, moi, ma famille, moi, mes copines, moi, la bouffe, moi et moi. Maintenant c'est elle, elle, elle et elle. Et mon mec aussi (parce qu'il lit) (je plaisante) (si, vraiment, je plaisante)
- Je mange froid. La viande, le riz.
Même la purée.
- Je bois froid. Même le café.
- Je bois du café.
- J'aime, à la folie, pour la vie, quoi qu'il se passe, quoi qu'elle fasse.

L'expression "du rire aux larmes" prend tout son sens !

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vendredi 4 octobre 2013

Quoi d'neuf bébé? #1


I am une maman ! te donne des nouvelles de bébé(e). Elle grandit avec vous, semaine après semaine! 

Déjà, viens que j’te présente ! Louloute, ma fille, 7 semaines aujourd’hui. En vrai, elle s’appelle Lou, elle est née à Madrid, le vendredi 16 aout 2013 à l’heure de l’apéro, avec pas mal de jours de retard. J’ai perdu les eaux la veille de mon déclenchement. Déclenchement que je voyais comme un échec. Alors bien sur, c'est comblé que nous sommes partis à la rencontre de notre fille. Mon accouchement fut génial. Et ce n’était pas gagné, vu la grossesse de chiotte que j’avais passé. Qu’on se le dise, j’ai détestais être enceinte. 279 jours d'horreur. Carrément.

Alors oui, je sais, « génial » ce n’est pas forcément le mot que tu associerais avec « accoucher ». Pourtant, pour moi, ça a été le cas. J’ai eu quelques douleurs, certes, mais c’était supportable. C’était supportable, intime, beau, simple, drôle parfois, intense et incroyable. En quelques heures à peine, je tenais ma fille contre moi et je n’en croyais pas mes yeux. Toutes les peurs que j’avais eu, les plus stupides soient-elles, ont disparu à l’instant où je me suis perdue dans son regard. C’était moi, c’était nous, c’était l’Amour, c'était la Vie, c'était le Monde que je tenais dans mes bras. Je savais, je comprenais, rien qu’en la touchant. La perfection s’écrit L-O-U. « Ça va, elle s’la pète pas trop I am une maman, ça reste raisonnable… » Tu me vois pas, mais je te souris car je sais que tu es pareil ! Comment ne pas être fière, grave, de ce qu’il y a de plus beau sur terre?! « Ben vas-y, continue, te gênes pas ! »

Le 19 aout, vers midi, on était tous les trois chez nous. On était bien, on était heureux, on était une famille. 7 semaines sont passées depuis ce 19 aout et Louloute à bien grandit. « Non ! Sans déconner, c’est normal ça ?! » Elle a des grands yeux violets foncés et s'émerveille et s'étonne d'un rien, elle a une belle bouche rose et un sourire à tomber, des grandes mains de pianiste, et pas de poignet. Elle est trop potelée, c’est : l'avant-bras et DIRECT la main ! Je la scrute du soir au matin. Les sourires aux anges ont laissé place à des vrais sourires. Du coup je peux passer facile une heure à tenter de lui faire décrocher un sourire. Même une grimace ça m'irait ! Quand elle veut pas, elle veut pas et elle me jauge avec méprit. Et moi je m'éclate et je ris. Elle, elle devrait rire dans pas longtemps et j’attends ce moment avec impatience et excitation !  Pour le moment, elle se contente d’ouvrir grand la bouche et de pousser de petits cris. Elle se fait même parfois auto-flipper. Elle me fait alors ce qu’on appelle avec le papa : « la petite bouche ». Les lèvres toutes pincées, un peu tremblante et en accent circonflexe. C’est un crève-cœur cette « petite bouche » et à ce moment là, je lui donnerais le ciel et les étoiles. Je te jure, je le ferais.

7 semaines de découvertes, 7 semaines de partage, 7 semaines délicieuses.
Mais aussi…
7 semaines de fatigue, 7 semaines d’incompréhension, 7 semaines à fond.

On se dompte, on s’apprivoise. Je l’admire, je l’apprends par cœur, je l’imagine… Je la regarde dormir, je la regarde respirer, je la regarde me regarder. Je retiens mon souffle pour que ça ne passe pas trop vite. Bientôt la 8ème semaine sera là, et tout sera encore différent.